LES POLONAIS DU CENTRE 2009 1ère PARTIE

https://www.youtube.com/watch?v=HQkf3SPJm9U&t=54s 

Pour remettre en mémoire Franz KRENZ;  pour qu'il intègre la liste des accordéonnistes polonais et  qu'il ne soit plus oublié alors qu'il s'est tellement, tellement  dépensé sans compter pour les Polonais ,dans la région du Centre, nous republions l'article

n°624  François KRENC nous a quitté à l'âge de 97 ans

édité en décembre 2015 sur Skynet Blogs de Proximus "les Polonais du Centre" un service "blogs" que PROXIMUS n'assure plus.

La recherche des accordéonistes polonais, qui ont joué, à Comblain et ailleurs en Belgique, effectuée par le groupe " les Anciens de Comblain la Tour "   se termine par un appel à compléter une liste de ces musiciens qui font, c'est vrai, partie de notre histoire polonaise ici. Comment on aurait fait sans eux ? Dans le Centre comment on aurait fait sans KRENC, sans DUDA Henri qui font partie des fondateurs de ce comité de Bois du Luc dès 1953.

C'est l'article 0181    – Nos accordéonneux publié le 23/7/2018

 sur le blog:                       https://anciensdecomblain.com/                       à lire régulièrement

 

 

Il est vrai qu'étant pourtant de la paroisse de Bois du Luc, Saint Vaast, Trivières, les deux Houdeng, Franek KRENC n'a pas, comme beaucoup de Polonais de cette paroisse, rejoint à Comblain la Tour les animateurs d'ici, Ks Kurzawa, Zbigniew Bardo, Pawel Kondraszuk.

Tous ces adultes que nous voyions chaque jeudi après-midi, chaque samedi après-midi et chaque dimanche matin et jours fériés religieux, à chaque réunion dimanche après-midi chez BARDO car les enfants accompagnaient leurs parents au n°2 de la rue du Levant dans les Carrés; tous ces adultes, ici dans notre région du Centre , toute l'année, toute la semaine, tout le temps, et que le père KRENC a décidé d' organiser, en famille , les vacances de ses 3 enfants .

Nous sommes au début de Comblain, au début des  années 60 et à cette époque, très peu d'enfants de cette paroisse ont fréquenté Comblain, vraiment très peu, pour la même raison; enfin... l'été, passer des  vacances et voir d'autres personnes.

Nos deux familles de 1954 à 1964 ont passé ensemble, toutes leurs vacances, deux mois,  à Anhée sur Meuse . Henri DUDA est souvent venu nous rejoindre .

Vous découvrirez en lisant l'article de décembre 2015  et le complément rédigé en plus ce mois d'août 2018, combien il a été important pour les Polonais de la région du Centre et  personnellement pour la formation musicale de ses enfants et de la mienne en plus.

KOZLOWSKI Alexandre

 

KRENC 1 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Une vie entière consacrée à la musique et beaucoup, beaucoup, à la jeunesse polonaise. Ici au bugle.

 

 KRENC 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Franciszek KRENZ,1938 en Pologne, accordéoniste dans l'armée polonaise

 

 KRENC 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François KRENZ fait partie du tout tout premier transport de personnes recrutées par Fédéchar, en Allemagne, et le couple à peine marié en Allemagne, est ramené de Leipzig, à la fin de mai 1945, au centre de répartition de Givry par le premier "transport" (prononcez bien le t final).

Ramené, cela veut dire qu'ils ne sont pas venus; qu'on est pas venu en Belgique et qu'on est venu nous chercher pour nous ramener ici. C'est une nuance que les historiens de l'histoire de Belgique n'arrivent pas à prononcer . Le patronat charbonnier, pas la Belgique accueillante, Fédéchar, a recruté, sélectionné et ramené ici en masse. Personne à l'époque n'est venu tout seul en sifflottant. Le voyage a duré 9 jours jusque Mons, puis en tram à vapeur jusque Givry , la base de répartition du bétail humain, pour le Borinage et le Centre .Leon CZAK m'a raconté que le tram bondé  a été poussé dans les côtes vers Givry.

Un camion du charbonnage de la Société de Bois du Luc amènera sa " cargaison humaine" sur la pelouse devant la cantine Dubois au Quesnoy à Trivières.

Parmi eux, le résultat du hazard  d'une liste, le couple KOZLOWSKI, le couple PIECHOWSKI, ROSOWSKI, ZAWADSKI, KALENIUK , STASIUK Paulina et Myron ... C'est l'importation massive de 1945.

La 2e importation massive, c'est 1947: arrivée de Zbigniew Bardo, Jozef KIELBOWICZ, Pawel KONDRASZUK,eux d'abord au camp de baraque de Boussoit et puis dans une maison des Carrés en 1950 ...

Krenc et les jeunes Polonais arrivés fin mai 1945 descendront à la mine le 2 juillet 1945 - écoutez François CZAK dans la vidéo- et seront formés au travail pendant les congés des autres mineurs. François KRENC, lui, connaît déjà le travail dans une mine.

On va loger les nouveaux Polonais, dans la journée ,et, en attendant François prend son accordéon et joue pour tous ceux qui attendent assis dans l'herbe.

Juste à côté vit la famille DUDA qui sort regarder. Plutôt Wictoria, la mère des Duda . Elle se choisira un logeur , Stasiek STULIK son futur gendre.

 

KRENC 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

François KRENC, ici au piano, jouera dans les bals polonais, dans l'orchestre de Henri DUDA. Henri DUDA est à l'accordéon et son frère Edmond à la batterie. Bal polonais au salon Warocqué à Saint Vaast, en 1951. Franz KRENC savait accorder les pianos désaccordés. Il savait orchestrer et réécrire les partitions de musique . A la fanfare " le Jeune Union " où nous étions plusieurs Polonais, il jouait du cor anglais. Il a aussi à une époque accompagné un chanteur lyrique polonais qui répétait le Bel Canto chez les Krenz juste avant la répétition de notre premier orchestre de bal polonais de tout jeunes musiciens dont sa fille Térèse et son fils François à la batterie. C'était en 1961.

 

 KRENC 5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1945 au Quesnoy, à Trivières, tout au bout de la rue, la dernière maison après la Cantine Dubois c'est  le mariage en Belgique, de Halina et Wladek PIECHOWSKI

 

KRENC 6

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devant l'entrée du théâtre de Binche, avec la jeunesse polonaise de Ressaix fin des années 50. La jeunesse  se rassemble dans les baraques du Camp Roland où il y a la chapelle et l'école polonaise .Les OMI achèteront ce camp de baraques bien plus tard. François KRENC se déplacera longtemps à mobylette, partout où on le demande et parfois bien loin en Belgique.

 

 KRENC 7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

en 1952, au carnaval de Trivières, avec la société "les Chevaliers " dont le parrain était le vrai Maurice Chevalier et qui est venu, à Pâques à Trivières, festoyer avec " sa " société :les Chevaliers.

4 à 6 accordéonistes suivaient les sociétaires en ne jouant que des airs de M. Chevalier. Les sociétaires étaient en smoking , noeud pap et canotier. Derrière la société "les Flaminds" d'Oscar le marchand de gazettes

 

 KRENC 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1968, Franz KRENC, Kazimir SWIDERSKI chorégraphe, avec le jeunesse de l'association polonaise de Bois du Luc , Saint Vaast, Trivières dont il est un des fondateurs historiques avec BARDO Z..  Pawel KONDRASZUK à droite entre François KLIMANOWICZ et le jeune frère JOZWIAK donne beaucoup de sous pour maintenir le groupe à Bois du Luc et il en donne aussi beaucoup à Comblain la Tour. Zbigniew Bardo est là au milieu des siens; c'est l'âme et le moteur de cette association polonaise de Bois du Luc. Au début des années 70, toute la jeunesse polonaise du Centre est alors regroupée à Ressaix. A côté de K. SZWIDERSKI lui de Ressaix: le jeune frère PERZYNA. A côté de BARDO deux frères KIELBOWICZ. Les filles: Wioleta KIELBOWICZ, Helena GOLEBIOWSKA, Alicia BARDO, Lalunia ZAWADSKA. C'est donc le dernier groupe de Bois du Luc.

 

 

 KRENC 9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le dimanche matin, il est l'organiste à l'église polonaise de Ressaix , au Centre Kolbe, un domaine qui depuis le début des années 70, est une des nombreuses possessions  privées des  Oblats de Marie Immaculée en Belgique et où toutes les paroisses polonaises de la région du Centre  sont alors regroupées. François KRENC qui perd progressivement la vue y jouera jusqu'au bout de sa vie.

Ce jour-là, un 15 août, fête de l'Assomption à Ressaix, au repas , nous étions assis face à face, pas à table ,dans la salle. Il m'a tâté le visage et serré longement les deux mains pour me dire qu'il savait ce que faisaient " les Polonais du Centre",  de continuer à rassembler  les Polonais, tous les Polonais, qu'il y en avait beaucoup dans le Centre , de dépasser les clivages et,... de ne repousser personne .

 

 

 

Franz Krenz est né en 1918 à Datteln (Allemagne), Rhénanie-du-Nord-Westphalie en Allemagne, ou son papa travaillait comme de nombreux Polonais à l’époque, puis la famille est retournée en Pologne près de Powidz. C'est donc un Westphalien (Westfaliaki)


Ensuite vers 1922 -1923 il est immigré dans l’ Aveyron (  la France et la Pologne naissante avait signé un accord officiel sur l'émigration) . Son papa a travaillé dans une exploitation minière.


Quelques années plus tard, ils sont remontés dans le Nord de la France , toujours pour travailler dans la mine. Dans les environs d’ Auby, où sa maman tenait un « estaminet ». Franek, devient François à l'école primaire.

La famille repart  reprendre une exploitation agricole dans le département de la Charente dans la région de Cognac  à Rouillac.

En 1930 -1931 la famille est revenue de nouveau dans le Nord, dans les charbonnages de Flers- en-Escrebieux, mais le papa vieillissant n'est pas accepté à la mine, et c'est le jeune  fils  François qui est embauché . Il a commencé à travailler à l’âge de 13 ans et 3 mois.

Il est "galibot" : gamin à la mine.  Il terminait à peine ses études primaires  effectuées en France. Et il fréquentait déjà l' École de musique pour le violon  et l' accordéon.

En 1936, des milliers de Polonais sont expulsés brutalement.Parfois dans la journée par trains entiers et refoulés en Pologne.

François KRENC, a été expulsé à cette période.

Il descend des wagons d'expulsion massive dans une  Pologne, qu’il avait quitté à l’âge de 4-5 ans.

Il  gardera de sa vie en France comme tous ces Polonais refoulés vers la Pologne mais plus tard ,en 1945, revenus en Belgique ( Kondraszuk, Chtiej) dans le Centre pour certains, une diction, une élocution  impeccables , avec un accent français très prononcé qui déroutait et freinait l'agressivité des autorités belges et du voisinage.

A la mine par compte, son expérience et son parler incitèrent les ingénieurs à utiliser ses compétences, à l'envoyer à l'école des mines de Houdeng pour devenir porion. Il y ira tous les soirs au cul de la moto que conduit Henri DUDA son voisin.

En Pologne, à la veille de la guerre, c’est grâce à son oncle, sous-officier ou officier de l’armée polonaise qu’il est entré à l’école de musique militaire  vers 17 ans.  Il est caserné à Stowbtsy, actuellement située en Bielorusie.

En 1939, l’éclatement de la guerre, en première ligne de l'invasion par les Russes, il est d'abord  fait prisonnier, par les Soviets. Puis repris par les Allemands qui s'attaquent à la Russie.

Il se  retrouve en Allemagne ,en esclavage :"slave in Germany" comme on dit dans le monde entier,au travail forcé, obligatoire comme on dit ici et en France pour ne pas importuner nos voisins  et c’est à l’issue de la guerre qu’il rencontre et épouse la future maman de deux fils et une fille, avant le transport en Belgique.Un voyage de 9 jours en wagons à bestiaux:" transport" de la Fédération des Charbonnages de Belgique.

Le hasard les dépose  à Trivières qu’ils n’ont plus quitté: le Quesnoy, la place du Pont et retour au Quesnoy puis l'ex rue Destrée aujourd'hui Victor Larock.

La famille Krenc s'est tout de suite impliquée à fond dans la vie associative polonaise .

 

 https://www.youtube.com/watch?v=HQkf3SPJm9U&t=54s 

 

 

François KRENC et Henri DUDA étaient porions au Quesnoy , société des charbonnages de Bois du Luc.

Ouvrez le lien et voyez François Krenc, avec Henri DUDA, fondateurs du premier comité de Bois du Luc, à côté de la salle du charbonnage, aujourd'hui salle ADAMO, où ils ont créé la première représentation en 1954, et Léon CZAK maintenant disparus.

La délégation de Beringen Mijn, à Bois du Luc avec Wladek PIETRZAK , alors président national de ZPB disparu en 2014.

Avec Ks KWASNIEWSKI , missionnaire OMI revenu du Kameroun et puis curé polonais à Maes Mechelen , disparu aussi ; un père Oblat qui nous appréciait beaucoup.

Lors de cette cérémonie d' hommage aux mineurs polonais en Belgique dans les Carrés de Bois du Luc, les dirigeants de Comblain; les frères TEREFENKO de Chapelle; Jean WIACZEK de Trazegnies, Didier BLASZKA de Tertre,...  et tant d'autres qui animent toujours la diaspora polonaise.

C'est d'abord pour  honorer le travail des anciens, ne jamais les oublier que nous avons reconstitué voilà dix ans cette association polonaise générale, plurielle, ouverte, sur la région du Centre. 

Nous repêchons sur SKYNET BLOG l'article sur Henri DUDA, musicien, accordéoniste à remettre en mémoire.